Empreinte carbone d’un présentoir PLV : comment la mesurer
Si votre marque reporte sa durabilité, tôt ou tard on vous demandera l’empreinte carbone de votre PLV. Et si vous ne l’avez pas, mauvaise affaire. De plus en plus de services achats intègrent des données d’émissions dans leur cahier des charges fournisseurs, et la PLV physique est un point sensible : elle pèse, elle se transporte, elle se jette et, mal conçue, multiplie les émissions campagne après campagne.
La bonne nouvelle : mesurer l’empreinte d’un présentoir n’est pas une science occulte. Il existe des méthodologies normalisées, des valeurs indicatives publiques et des leviers concrets qui réduisent entre 30 % et 70 % selon la décision de conception. Dans cet article, nous vous l’expliquons sans jargon, avec des chiffres et des exemples.
Chez Atamark, nous fabriquons à Parets del Vallès, près de Barcelone (Espagne), depuis 14 ans — et nous accompagnons des marques françaises qui doivent répondre à ces questions auprès de leurs équipes RSE.
Ce que l’on mesure exactement lorsqu’on parle d’« empreinte carbone »
L’empreinte carbone s’exprime en kilogrammes de CO₂ équivalent (kg CO₂e) et regroupe tous les gaz à effet de serre (CO₂, méthane, protoxyde d’azote, etc.) traduits en une unité commune.
Pour un présentoir PLV, elle se calcule en additionnant les émissions de quatre phases :
- Matières premières : extraction et production du carton, méthacrylate, bois, métal, encres, adhésifs.
- Fabrication : énergie électrique et thermique du processus (impression, découpe, assemblage).
- Transport : du fabricant au centre logistique du client et du centre aux magasins.
- Fin de vie : recyclage, décharge ou incinération.
C’est ce qu’on appelle l’analyse de cycle de vie ou ACV (Life Cycle Assessment). Les normes internationales qui l’encadrent sont les ISO 14040 / ISO 14044 et, en versions simplifiées pour produit, l’ISO 14067. En France, l’ADEME (Agence de la transition écologique) publie également des facteurs d’émission de référence largement utilisés en B2B.
⚠️ Ce qui n’est généralement pas inclus (mais que parfois le client demande) : émissions du personnel qui monte le présentoir en magasin, émissions du consommateur qui se déplace pour acheter grâce à la PLV. En pratique, ces calculs élargissent le périmètre et sont rarement exigés pour une PLV standard.
Comparatif indicatif par matériau
Voici des ordres de grandeur pour un présentoir standard de comptoir (50 cm × 30 cm × 80 cm, poids 1-3 kg selon matériau) :
| Matériau | Empreinte estimée (kg CO₂e) | Durée de vie typique | Empreinte par année d’usage |
|---|---|---|---|
| Carton microcannelure FSC recyclé | 2-4 | 1-3 mois | 8-48 |
| Carton compact FSC | 4-8 | 3-6 mois | 8-32 |
| Bois FSC (MDF/contreplaqué) | 8-15 | 1-3 ans | 3-15 |
| Méthacrylate (PMMA) | 25-40 | 3-5 ans | 5-13 |
| Métal laqué (acier) | 30-50 | 5-10 ans | 3-10 |
| Verre | 15-25 | 10+ ans | 1,5-2,5 |
Lecture clé : même si le carton semble l’option « la plus propre », son empreinte annuelle peut être supérieure à celle du méthacrylate ou du métal si votre campagne exige une réposition fréquente. La durabilité réelle dépend de l’usage, pas seulement du matériau.
Sources indicatives : bases de données Ecoinvent, Plastics Europe et ADEME (Base Empreinte). Pour une déclaration formelle à votre client, une ACV spécifique au produit signée par un consultant accrédité est requise.

L’emballage plié pour le transport peut réduire l’empreinte logistique entre 60 % et 80 % par palette.
Les 5 phases où se joue l’empreinte
Lorsqu’on conçoit une PLV, il y a cinq moments où l’on prend une décision qui pèse en kg CO₂e final :
1. Choix du papier/carton
- Recyclé post-consommation : jusqu’à 40 % d’émissions en moins par rapport à la fibre vierge.
- Origine géographique : un papier européen certifié évite les émissions du transport transocéanique de papier asiatique.
- Grammage : chaque gramme en trop est de l’énergie supplémentaire. Un design bien dimensionné peut économiser 10-15 % sans perdre en rigidité.
2. Type d’encre
- Encres à l’eau : faibles émissions, COV minimaux, recyclage du carton propre.
- Encres UV : meilleure finition mais émissions modérées.
- Encres à solvants : les plus polluantes, en voie d’abandon.
3. Finitions et pelliculages
- Sans pelliculage plastique : le carton se recycle propre.
- Avec pelliculage mat/brillant plastique : complique le recyclage et ajoute des émissions.
- Vernis à l’eau : option intermédiaire valable pour une finition mate.
4. Logistique
- Pliage pour le transport : un présentoir qui voyage plié occupe entre 4 et 8 fois moins d’espace dans le camion. Chaque camion en moins = 60-80 kg CO₂e économisés par trajet moyen.
- Regroupement de commandes : des commandes consolidées vers la même destination réduisent les émissions par unité.
- Distance fabricant-client : 100 km économisés ≈ 1-2 kg CO₂e par palette.
5. Fin de vie planifiée
- Recyclage (carton propre) : émissions nettes quasi nulles, ferme le cycle.
- Décharge : pire scénario, surtout avec des plastiques.
- Réutilisation : si le client peut réutiliser la structure pour une autre campagne, l’empreinte se dilue entre plusieurs usages.

Conception modulaire : la structure dure des années, les pièces personnalisables changent campagne après campagne. L’empreinte annuelle baisse de 60 à 75 %.
Cinq leviers concrets qui réduisent vraiment l’empreinte
On ne parle pas de slogans verts. Ce sont des actions concrètes qui, selon le cas, réduisent l’empreinte d’une PLV entre 20 % et 60 % :
- Demandez un papier avec pourcentage déclaré de recyclé post-consommation. Et exigez qu’il figure sur le bon de livraison. « Recyclé » sans plus ne suffit pas.
- Concevez en modulaire : structure permanente + pièces personnalisables interchangeables. La structure dure des années ; le vinyle change campagne après campagne.
- Optimisez l’emballage en pliant pour que le camion transporte plus d’unités par voyage.
- Fermez la boucle avec votre client : un plan de retour-recyclage en fin de campagne transforme un déchet en matière première pour la suivante.
- Choisissez un fabricant local quand vous le pouvez : 800 km c’est pire que 100 km, en CO₂e comme en délais.
📖 Approfondissez la mise en œuvre de ces leviers dans PLV réutilisable et modulaire : comment réduire les déchets en campagne →
Comment demander une donnée d’empreinte crédible à votre fabricant
Si votre client vous demande l’empreinte de la PLV, voici les données minimales que vous devez pouvoir fournir :
- Empreinte totale estimée du présentoir (kg CO₂e/unité).
- Décomposition par phase : matières premières, fabrication, transport, fin de vie.
- Pourcentage de recyclé post-consommation du papier/carton.
- Type d’encre et vernis utilisés.
- Origine géographique du matériau et kilomètres estimés de transport.
- Scénario de fin de vie retenu (recyclage, décharge, réutilisation).
Si votre fabricant ne sait pas vous donner ces données, il est hors-jeu pour un référencement sérieux en 2026. S’il vous les donne mais sans méthodologie derrière (sans mention d’ISO 14067, Ecoinvent, ADEME Base Empreinte ou similaire), demandez-lui le document de calcul.
Chez Atamark, nous travaillons avec une méthodologie ISO 14067 simplifiée et nous livrons la décomposition complète d’empreinte dans tout devis où le client le sollicite. La question « combien de CO₂e représente cette campagne ? » a une réponse signée.
Pour le marché français, la loi AGEC (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire) renforce par ailleurs les exigences de transparence sur les caractéristiques environnementales des produits commercialisés — un cadre supplémentaire qui pousse les marques à exiger ces données à leurs fournisseurs PLV.
Parlons d’une PLV avec empreinte mesurée et réduite
Si votre prochaine campagne doit fournir une donnée d’empreinte au rapport ESG de votre client — ou si vous souhaitez simplement prendre des décisions de PLV avec un critère durable — contactez-nous. Nous vous envoyons un devis avec empreinte estimée incluse et options de matériau classées par impact environnemental, sous 24 heures.
→ Demandez votre devis avec empreinte incluse · Lisez le guide complet de la durabilité PLV → · FSC vs PEFC pour PLV →
Questions fréquentes
Quelle est l’empreinte CO₂e d’un présentoir PLV en carton ?
Cela dépend de la taille et des matériaux. Un présentoir standard de comptoir (50×30×80 cm) en carton microcannelure FSC recyclé a une empreinte indicative de 2-4 kg CO₂e. Un présentoir de sol plus grand peut atteindre 10-15 kg CO₂e. La donnée exacte requiert une analyse de cycle de vie spécifique.
L’empreinte inclut-elle le transport jusqu’au magasin ?
Oui, elle devrait. Un calcul sérieux d’empreinte PLV inclut le transport de l’usine au centre logistique du client et du centre aux magasins. Si la donnée fournie n’inclut pas le transport, elle est incomplète.
Quel impact a le choix d’une encre à l’eau plutôt qu’UV ?
Les encres à l’eau réduisent l’empreinte de la phase d’impression entre 15 % et 30 % et, surtout, permettent un recyclage du carton beaucoup plus propre (ce qui améliore le bilan de fin de vie). Leur performance technique couvre 90 % des finitions demandées dans le secteur PLV.
Vaut-il mieux un présentoir en métal avec moindre empreinte annuelle ou un en carton avec moindre empreinte absolue ?
Cela dépend de la campagne. Si votre PLV sera utilisée pour une seule activation de 6 semaines puis jetée, le carton gagne toujours. Si elle sera réutilisée campagne après campagne pendant 3 à 5 ans avec pièces interchangeables, le métal ou le méthacrylate modulaire réduisent l’empreinte annuelle de façon significative.
Les fabricants de PLV sont-ils prêts à fournir l’empreinte dans leurs devis ?
Peu le sont. C’est l’une des questions qui révèlent le mieux la maturité d’un fabricant. Les plus professionnalisés livrent déjà une décomposition d’empreinte avec chaque devis lorsqu’on la leur demande. Si votre fabricant actuel ne peut pas ou ne sait pas, c’est le signe qu’il faut l’évaluer ou en changer.

